Othmane Benjelloun, né en novembre 1931 à Fès, est un banquier et homme d’affaires marocain, président directeur général de la BMCE Bank.

À travers sa holding personnelle Financecom, devenu très récemment O Capital, il est présent dans la finance (RMA Watanya, BMCE Bank), le tourisme (Risma, Aman Resort’s), les médias (Soread 2M1, Medi 1 TV), les telecom (Orange Maroc), le consulting (Valyans), le transport (CTM) et l’agriculture (BioBeef, Ranch Adarouch).

En 2019, Othman Benjelloun est le second homme le plus riche au Maroc, et le quinzième d’Afrique d’après le magazine Forbes, avec une fortune estimée à plus de 1,3 milliard de dollars.

Othman Benjelloun est le fils de Haj Abbas Benjelloun, un très riche Fassi qui a fait fortune dans l’import-export avec Manchester, puis a continué durant le protectorat français.

Lors de l’occupation du Maroc, Othman Benjelloun est envoyé en France pour poursuivre ses études. Il obtient son baccalauréat au lycée Georges-Clemenceau de Nantes. Après des études d’ingénierie en Suisse à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, il retourne au Maroc en 1959.

Sa femme est Leila Mezian Benjelloun, la fille du célèbre maréchal Meziane. Ophtalmologiste diplômée de l’université de Barcelone, elle travaille pendant 26 ans dans le secteur public.

Ils ont 2 enfants et un petit-fils nommé Atlas Benjelloun.

Othman Benjelloun revient au Maroc au lendemain de l’indépendance.

Il rejoint son frère aîné, Omar Benjelloun, qui a diversifié les avoirs familiaux en investissant dans la sidérurgie, l’aluminium, le montage automobile.

Pendant les années 1960 et 1970, ils tissent un vaste réseau d’alliances internationales avec de grand groupes mondiaux comme Volvo, General Motors, Goodyear et surtout Westinghouse. Cette dernière alliance entraîne une forte croissance de son activité pendant les années 1980.

En 1988, il rachète la Royale Marocaine d’Assurances (RMA), une compagnie fondée en 1949 par dix nationalistes, dont son père.

En 1995, et grâce aux fonds de la RMA, il profite du programme de privatisation entamé par le Maroc pour lancer une opération d’achat sur la Banque marocaine pour le commerce extérieur, qui devient la BMCE Bank. Quelques mois plus tard, il est élu président du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), le lobby des banques au Maroc

Après le rachat de la BMCE, en 1995, Othman Benjelloun s’entoure d’une équipe de jeunes loups pour concrétiser les ambitions de son groupe bancaire. Parmi eux, on compte Hassan Bouhemou, Driss Bencheikh, Hassan Boulknadel, Zouheir Bensaid, Amine Bouabid ou Saâd Bendidi. Plusieurs occuperont des fonctions importantes dans l’économie marocaine par la suite.

Sous sa direction, la BMCE Bank développe des alliances avec des établissements financiers internationaux comme le japonais Nomura et l’allemand Commerzbank.

En 1992, avec Abdelaziz Alami, patron de la Banque Commerciale du Maroc (BCM), Othman Benjelloun aide Adil Douiri et Amyn Alami à fonder la banque d’affaires CFG. Le journal l’Express souligne que le monde de la finance marocaine connait une surreprésentation des fassis .

En 1998, il rachète une autre compagnie d’assurances Al Wataniya pour 300 millions €.

En 1999, il s’associe à Telefonica et Portugal Telecom et acquiert la deuxième licence de téléphonie mobile au Maroc pour un milliard d’euros, et crée ainsi Meditelecom. Par la suite, il rachète des paquets d’actions de la holding marocaine SNI jusqu’à en devenir le premier actionnaire[réf. nécessaire].

En 2000, il injecte entre des dizaines de millions de dirhams dans le journal Le Matin, alors en grande difficulté financière. En 2004, Othman Benjelloun fusionne ses deux compagnies d’assurances, RMA et Al Watanya pour former RMA Watanya.

Il s’oriente davantage vers l’étranger, en rachetant 35 % de Bank of Africa (troisième groupe bancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine), puis crée en 2007 MediCapital Bank, un établissement financier au cœur de Londres. Il constitue un conseil d’administration auquel participe Peter Cooke, inventeur du ratio du même nom.

En 2019, Othman Benjelloun est la deuxième fortune du Maroc et la quinzième d’Afrique d’après le magazine Forbes, avec une fortune estimée à plus de 1,9 milliard de dollars.

Passionné d’architecture, Othman Benjelloun est derrière la construction à Salé de la plus grande tour du Maroc. Le projet est lancé par l’entreprise O’Tower, détenue à 48% par Bank of Africa. La tour, originellement prévue à Casablanca, est construite sous la forme d’une fusée spatiale et d’une rampe de lancement .